Politico attire l’attention sur une question que la FBPA pose depuis des années : les soins psychiatriques bénéficient-ils de la même place que les soins physiques ? Au sein des institutions européennes, ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Les psychiatres ambulatoires belges traitent une grande partie du personnel des institutions de l’UE et en voient les conséquences de près. Dans notre pratique clinique, environ 80 % des employés de l’UE que nous traitons signalent une forme de harcèlement ou d’intimidation au travail. Nous constatons également une plus grande suicidalité chez ces patients.
Le harcèlement au travail laisse des traces profondes. Une étude de synthèse norvégienne portant sur 29 études a montré qu’en moyenne 57 % des victimes présentent des symptômes de stress post-traumatique dépassant le seuil clinique. Lorsque les dommages résultent de l’environnement de travail, ils devraient pouvoir être reconnus comme maladie professionnelle.
Pourtant, l’assurance maladie du personnel de l’UE, le RCAM, rembourse les soins psychiatriques de manière limitée. Une consultation psychiatrique est remboursée jusqu’à un plafond de 60 €, alors qu’elle dure environ trois fois plus longtemps qu’une consultation spécialisée ordinaire. Par heure de soins, cela revient à environ deux tiers de remboursement en moins que pour les soins physiques. Après douze consultations psychiatriques, le remboursement s’arrête, même pour un patient ayant des pensées suicidaires. C’est précisément à ce moment-là que la continuité des soins est vitale.
Les employeurs ont une obligation de diligence envers leur personnel. Le Statut des fonctionnaires européens interdit l’intimidation et oblige les institutions à assister leur personnel. La Commission européenne a en outre affirmé en 2023 que la santé mentale doit être mise sur un pied d’égalité avec la santé physique. Les institutions européennes peuvent être les premières à appliquer ce principe pour leur propre personnel. Les syndicats du personnel demandent également une révision des plafonds et de la limite du nombre de séances.
La FBPA plaide sans cesse, en Belgique et en Europe, pour une égalité de traitement entre soins physiques et psychiques : un accès égal, un remboursement égal et une durée de traitement qui suit les besoins cliniques.
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